« Les 10 petits nègres » Dame Agatha Christie

2ème journée du premier Read A Thon de Lou, j’ai décidé de relire « Les 10 petits nègres » (première re-lecture de toute ma carrière de lectrice, et premier roman de « grande », que j’avais découvert en classe de 4ème avec une prof de français, que j’adorais.)

J’ai encore dans un coin de ma maison d’enfance, ce petit livre à la couverture violette, annotée de ma plume de collégienne. Les pages sont certainement toutes jaunes et l’odeur est un peu rance, un peu Madeleine de Proust quand même, comme tous nos vieux livres. (Ce n’est pas celui là que j’ai repris, mais une édition plus récente, trouvée chez Emmaüs! Vraie mine d’or.)

Quel délice, dès les premières pages!

La plume d’Agatha Christie est fluide, légère et l’histoire court sur le papier. Quelle belle écriture!
C’ est un excellent huit clos, dans lequel la tension psychologique est maintenue de la première à la dernière page.

Nous avons donc 10 personnes très différentes les unes des autres, ne se connaissant absolument pas, un hôte pour le moins mystérieux et d’une grande attention, une unique maison sur une île complètement coupée du monde et une comptine omniprésente, telle une ritournelle !

D’entrée de jeu, les invités se posent des questions quant à leur invitation, car la forme est un peu inhabituelle. L’une est embauchée, l’autre est invité par une relation de relation….

« Mais qui est donc ce curieux hôte???? »

« Un peu de bon temps!Profitons-en! »

« Quels invités seront là? »

…..

Les caractéristiques des personnages, leur histoire, leurs caractères psychologiques sont brossés à grands traits. Et le mystérieux hôte est rapidement suspecté d’intentions douteuses…

L’histoire est lancée.

Et hop, ni une, ni deux, lors du premier dîner, une voix off, venue d’on ne sait où, les accusera à tour de rôle d’un meurtre qu’ils ont commis des années plus tôt, et pour lequel ils n’ont été ni reconnus « coupable », ni condamnés. La justice n’a pas fait son travail.

Page 54, le premier personnage meurt lors du premier repas. Et dès lors, les invités vont tomber comme des mouches, mais non sans tenter des stratégies de survie, qui s’avéreront au final, totalement vaines. La comptine est le fil de l’histoire, elle annonce et conclut les événements.

Chaque personnage est assassiné selon la gravité de son crime. La part sombre de leur passé s’ insinue dans leur esprit et les torturera jusqu’au bout.
Agatha Christie mène d’une main de maître l’intrigue. Elle ne rend pas très sympathiques ces personnages. Rien dans leur histoire n’incite à l’empathie, à la compassion, donc à l’identification.

En tant que lecteur averti (bien sûr!), je suis le mouvement de l’histoire, en attendant la page suivante, et tente d’observer, de repérer le moindre petit indice …. . 

Et c’est le dénouement, inattendu, bien que supposé très rapidement, mais quand même difficile à deviner !

Cette re-lecture a été un vrai régal. Le livre n’a aucun temps mort, le lecteur est tenu en haleine du début jusqu’à la fin. C’est bien construit, et très facile à lire.

Petit PS: France Culture a interrogé, mi Février, le dénouement des 10 petits nègres (« Dix petits nègres », Agatha Christie se serait-elle trompée ? « ).

Cette chronique fait suite à l’écriture d’une contre-enquête de Pierre Bayard, » La vérité sur 10 petits nègres » (éditions de Minuit 2019).

Et si le coupable n’était pas… 😲 !!?

Je me laisserais bien tentée…!

wink

Relu dans le cadre du Challenge British Mysteries de Lou

ReadAThon by Lou, « La mort n’est pas un jeu d’enfant » Alan Bradley

Samedi matin, lever pas trop tôt, une belle journée s’annonce!

Je vais suivre le ReadAThon, de Lou, dans le cadre du Challenge British Mysteries.

Première incursion dans la communauté bloguesque, que je suis en « sous-marin »! Je précise à tout bon entendeur que je m’inscris dans la catégorie « petite joueuse », because ci- dessus.

Alors, au programme de ce premier jour, Flavia de Luce, « La mort n’est pas un jeu d’enfant » d’Alan Bradley. Cette série est destinée initialement, aux jeunes, soit!

Ça tombe bien, je suis encore jeune dans ma tête!

devil

Zou, c’est parti!

….

J’avoue que je me suis laissée emporter par cette jeune détective en herbe, impertinente,  au franc-parler, et par sa nouvelle histoire.

Cela démarre par la mise en scène de sa propre mort, étonnant pour une petite fille!  A son « réveil », elle croise 2 marionnettistes, Ruppert et Nialla, sympathiques mais un peu louches, quand même!

Ruppert s’écrase au beau milieu de la scène de son  propre spectacle. Dès lors, Flavia, l’air désinvolte, décidée et téméraire ira à la recherche de la vérité.

Bishop’s Lacey et ses environs proches sont le théâtre de cette enquête. Nous sommes dans la province Anglaise, des années 50, post guerre. L’atmosphère est très campagnarde, bucolique, un rien suranné (J’adore!) .On y croisera un prisonnier de guerre, une jeune fille de la Women’s Land Army, l’inspecteur Hewitt et sa jolie épouse, et les habitants de Bishop’s Lacey, tous aussi pittoresques les uns que les autres.

L’écriture est fluide, c’est très agréable à lire et j’ai bien aimé bien le mode de narration: c’est Flavia qui raconte.

L’intérêt de ce livre tient à la personnalité de Flavia, 11 ans, une petite fille encore, mais avec une sacrée maturité. Elle avance sereine et déterminée, avec toujours l’ombre de cette maman disparue bien trop tôt, à qui elle ressemble tellement. Son sens de la répartie fait mouche à chaque fois, toujours le bon mot, la bonne réplique. Les échanges vachards et les tensions sont légion entre les sœurs.

Le papa est présent, bienveillant, toujours digne, et tout en retenue face à cette fille un tant soit peu « décalée ».

Les expériences de « petite chimiste » de Flavia, talent et ustensiles hérités d’un oncle un peu original, ponctuent le déroulement de l’histoire et participent à l’action! Elles sont bien décrites.

Mon seul bémol: l’histoire se met en place, au bout de 150 pages. J’avoue que je trouvais ça un peu longuet, malgré l’atmosphère « so British », la présentation des personnages, les descriptions soignées. J’attendais!!!

La suite du texte a rattrapé cette sensation, la première partie a pris son sens et le dénouement était assez inattendu. 

Je l’ai lu sur la journée de samedi, il faisait soleil et cela était très agréable. Je me suis calée dans mon petit fauteuil, dans le jardin d’hiver, une théière, le panneau « do not disturb » et hop,hop! 

Au final, c’était une bonne lecture bien agréable, bien ficelée, un petit policier avec une belle atmosphère!

laugh

(Merci à Lou et à ses fidèles acolytes de si bien nourrir ce thème!)